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23 juin 2011 - Une nouveauté régionale !
La ferme vient en effet de s'associer avec Le Poivre noir qui transformera une partie de sa production en mets délectables lesquels seront revendus sur place par la suite.
Mireille Dugré, propriétaire des Jardins Dugré, tenait dans ses mains une lourde tarte de de rhubarbe du printemps au moment de l'entrevue. «La rhubarbe qu'il y a là-dedans, c'est moi qui l'ai cueillie», illustre-t-elle.
Les Jardins Dugré deviennent aussi détaillants de la viande de porc du Cochon mignon, une ferme porcine d'Yamachiche qui mise sur un élevage sans antibiotiques et sans nitrites pour créer une viande plus goûteuse. Le Cochon mignon vend à la ferme Dugré ses pâtés, charcuteries, saucisses et rillettes, résume Chantal Rabouin, propriétaire du Cochon mignon.
Charles Soucy, chef traiteur du Poivre noir et le chef exécutif José-Pierre Durand, ont concocté une soupe d'asperges et de livèche pour amorcer la saison. Mireille Dugré raconte que la moitié de la production est déjà vendue. Les produits transformés vont du ketchup de rhubarbe aux tartes en passant par les quiches et les soupes. Tous ces produits sont au banc d'essai.
Pour le Poivre noir, il s'agit d'une suite logique dans le développement de l'entreprise. «On s'était donné comme mission, José-Pierre et moi, quand on a créé le Poivre noir, de résolument encourager le marché local. Le test qu'on fait cette année, c'est de voir si les gens sont prêts à goûter l'excellence», raconte Daniel-Yves Durand, propriétaire du restaurant haut-de-gamme et père du jeune chef exécutif.
Aux Jardins Dugré, qui sont reconnus pour leur boutique de produits régionaux, on entend intégrer de deux à trois nouveaux produits chaque année, ce qui fait de l'endroit un marché de plus en plus complet où il est possible de dénicher les meilleurs produits agro-alimentaires de la région.
«Les viandes, c'était le seul type d'aliment qu'on n'avait pas», fait remarquer Simon Dugré.
Les Jardins Dugré caressent d'ailleurs le projet d'ouvrir leur mini-marché à l'année dès cet automne pour les produits non-périssables dont ils sont devenus les distributeurs. «C'est une année test», précise Mireille Dugré. «On va voir la demande.»
Pour Daniel-Yves Durand, l'association des Jardins Dugré avec le Cochon Mignon et le Poivre noir est une innovation dans la région.
«Trois-Rivières n'a même pas de marché public. Ça démontre jusqu'à quel point on part de loin. On voit à Montréal, Atwater, le Marché Jean-Talon. C'est noir de monde», fait-il remarquer.
Le problème à démarrer ce type de collaboration, explique-t-il, «c'est la fiabilité d'amener des produits quand on les demande. La livraison est un autre problème. Les petits producteurs sont débordés. Ils n'ont pas le temps de livrer deux poches de patates», fait-il valoir.
«Il va falloir qu'on créer une demande préalable, c'est-à-dire rencontrer le producteur au printemps pour lui dire de cultiver les légumes et fines herbes dont on a besoin, qu'il y ait des rangs qui appartiennent à Poivre noir, par exemple», illustre Daniel-Yves Durand, qui a enseigné le marketing dans une université montréalaise.
Pour percer, les Jardins Dugré et le Poivre noir misent sur des produits locaux de qualité, comme ceux du Cochon mignon.
Ceux et celles qui se rendront à la ferme pour acheter des produits locaux et régionaux transformés par le Poivre noir pourront aussi en profiter pour se gâter en achetant un «gelato» pour se sucrer le bec. Le Poivre noir, qui en vend déjà à son commerce, entend en effet développer des saveurs particulières à partir des produits de la ferme Dugré. «Lait frais, purs fruits, aucun produit chimique», promet Daniel-Yves Durand.
«On est des pionniers de l'avenir. C'est écrit dans le ciel que tout s'en vient local», prévoit-il.
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Brigitte Trahan |







